C’est pleinement satisfaits et heureux que nous nous envolons en direction de l’Ouganda, un pays dont on ne sait rien si ce n’est qu’il y eut anciennement une terrible dictature, qu’ils parlent anglais, et qu’il y a des gorilles des montagnes 🙂

Nous arrivons à l’aéroport d’Entebbe vers 2h du matin. Connaissant notre arrivée tardive, nous avions demandé à notre guest-house de venir nous chercher. 10mn après nous arrivons au Blue Monkey, accueillis par un gardien armé d’une jolie kalash. Nous décidons de passer une journée entière dans cette ville qui est l’ancienne capitale.

Entebbe

Après une bonne nuit confortable, nous avons droit à un super petit déjeuner healthy, et découvrons le beau cadre dans lequel nous sommes. Nous mangeons en terrasse face à une belle vue dégagée, avec de drôle de cris d’oiseaux jamais entendus encore !! Les proprios sont allemands et de bons conseils. Nous décidons de louer un VTT pour faire le tour de la ville. C’est dimanche, nous entendons des chants dynamiques qui viennent d’églises aux alentours, et ça nous donne bien envie ! Alors une fois en selle, on commence à se balader en s’arrêtant dans les églises que nous croisons. Les gens sont, comme bien souvent un dimanche à l’église, bien habillés. Les petites filles ont presque toutes les cheveux courts, un certain nombre de femmes aussi. Nous assisterons également à la répétition d’un jeune groupe de musique assez branchés qui encense Jésus, avec les paroles apparaissant sur un écran comme dans un karaoké 😀

Le reste de notre balade à deux autres objectifs, celui de voir la mer, et de trouver le centre-ville où il est possible de boire des coups avec la jeunesse ougandaise. Nous avons bien vu le bord de mer, qui est en fait un bord de lac : celui de l’immense lac Victoria. Les petits bouts de plages sont investis par des hôtels et autres guests-house, nous comprenons que c’est le coin des Muzungus (des blancs) mais nous n’en croiserons que très très peu. Nous passerons devant le jardin botanique ainsi que le xx qui est en fait une sorte de zoo qui a de bonnes recommandations, mais décidons de ne pas y aller car nous comptons bien pouvoir voir ces animaux en liberté ! Les rues nous semblent désertes et nous ne savons pas si c’est parce que c’est dimanche et qu’ils sont tous à l’église où s’il y a une autre raison. C’est assez vallonné, il fait vite chaud, et nous ne trouvons pas de coin potentiel pour se rafraîchir à une table. Les ougandais ne sont au premier abord pas aussi souriants qu’en Asie du sud ou à Mada, mais nous ne connaissons pas encore très bien les mots basiques à apprendre dans leur langue 😉

Au final, mise à part en ce qui concerne les églises, nous avons été plutôt déçu car nous espérions voir plus de monde et interagir plus que cela. Nous passerons le reste de la journée à imaginer un parcours dans le pays, en fonction des conseils de nos hôtes et d’une jeune allemande partie 3 mois dans ce pays pour faire du volontariat. Elle a maintenant terminé, elle part donc visiter le reste du pays avec des amis. Notre première idée, étant donné que les distances nous semblent plus courtes qu’à Mada, sera de faire le tour du pays avec une boucle d’est en ouest, afin de terminer en étant proche de la frontière avec le Rwanda, notre future destination. Il y a là bas la possibilité de rencontrer des gorilles des montagnes au dos argenté, quelque chose qui semble incroyable ! (et plus que cher). Nous récupérons des contacts pour l’ouest du pays (à Mount Elgon et à Moroto) susceptibles de répondre à notre envie de passer du temps dans un village avec des locaux.

Kampala

Nous partons donc le lendemain matin pour Kampala, la capitale, en montant dans un matatu – comprenez un taxi-brousse ougandais, soit un mini van plein à craquer.
Une fois arrivés en fin de matinée en ville dans la gare routière qui grouille d’activités, nous prenons chacun un boda-boda (un scooter-taxi) pour nous emmener à notre hôtel qui nous a été recommandé par nos hôtes allemands. Ce trajet nous permet d’avoir un petit aperçu de cette grande ville qui semble être un joyeux bordel de désordre organisé !! Comme on aime ! L’hôtel où nous sommes est très bien. Au programme, nous devons aller au Uganda Wildlife Authority pour réserver un permis nécessaire si l’on souhaite voir des gorilles, puis se rendre au Kampala National Theater qui propose de chouettes concerts gratuits tous les lundis soir !!

A l’UWA, on nous dit que ce n’est plus possible de voir des gorilles dans 2 ou 3 semaines car c’est complet, la haute saison commence. Nous pouvons en revanche encore le faire dans la semaine.. Banco, nous commencerons donc le début de cette aventure par le sud-ouest ! Car le Bwindi National Park se trouve à cheval avec les frontières du Rwanda et de la RDC. En prévoyant une journée de trajet pour y aller le lendemain, nous réservons notre journée de gorilla tracking pour le surlendemain. Comme à chaque fois, on commence très fort !!! Il nous a fallu choisir le lieu du tracking, il y en a 4 possibles dont les départs se situent à des endroits différents du park. Nous prenons celui pour lequel il y a le moins de réservation, le Rushaga ? Apparemment, c’est un des plus difficile au niveau de la marche car il grimpe pas mal, ça nous va 😉 Il nous faut aussi regarder les logements sur booking, mais ce n’est pas évident d’en trouver un dont le prix ne soit pas exhorbitant et qui ne soit pas très éloigné de l’entrée du park pour notre tracking (si possible moins d’une heure trajet) ! Du coup, on choisi l’option tente qui représente le moindre coût dans un endroit qui à l’air très bien recommandé : le Karungi Camp. Nous allons donc réserver un bus pour aller jusqu’à la ville de Kisoro avant de marcher jusqu’au National Theater pour la soirée.

Nous passons par différents quartiers pour y arriver, ce qui permet de s’imprégner dans cette atmosphère plutôt agréablement dépaysante ! Les gens sont très physiques ici, c’est-à-dire tactiles. Les hommes, surtout quand ils travaillent à rabattre des clients, attrapent nos bras et nos mains pour nous attirer. Surprenant au début, mais on s’y fait. On aime beaucoup ce que dégage cette ville, son atmosphère, bien qu’elle soit grande et bien remplie. Les espaces sont grands, ce qui fait que s’il y a du monde et des véhicules, nous n’avons pas eu de sentiment oppressant pour autant.

Le National Theater est un centre culturel qui nous fait forte impression quand nous arrivons. La scène est en train d’être installée, il n’y a pas encore grand monde, nous avons le temps de commencer l’apéro au bar extérieur et ainsi goûter à notre première bière ougandaise, la bien nommée Nile !!! De grands oiseaux jamais vus auparavant volent au dessus de nous en faisant beaucoup de bruit, parfois cela ressemble au cri d’un petit singe, et ça aussi c’est terriblement dépaysant !! Nous apprenons qu’aujourd’hui, les artistes invités sont sélectionnés pour participer à un festival de jazz en octobre à Kampala. Le public commence à arriver, une jeunesse ougandaise plutôt branchée, et le concert commence… Cela a été top du début à la fin, mélangeant jeunes artistes solos et groupe, chansons en anglais et en dialecte, et beaucoup de talents ! Nous avions lu que Kampala était une ville où la vie culturelle est bien développée, cela donne envie de passer d’autres soirées ici 😉 Malheureusement nous nous ne pouvons cette fois pas rester plus du fait de notre gorilla tracking, mais nous nous promettons de revenir !!

A la rencontre des gorilles à dos argenté

Le lendemain nous prenons le bus en direction de Kisoro qui se trouve à l’extrême sud-est du pays, proche frontière RDC et Rwanda. La veille au soir nous avons réservons sur booking une guest-house : le Karungi Camp. Nous sommes donc censés dormir en tente, seul prix raisonnable trouvé sur booking et google, et à une distance raisonnable de l’entrée du parc national où nous devons nous rendre le lendemain. Une fois à Kisoro, un pick-up en 4×4 est prévu par notre hôtel pour nous amener là bas. En effet la route n’est pas facile, cabossée et boueuse, il pleut, les bus ne vont pas dans ce coin, et utiliser un boda-boda serait compliqué car il pleut et la nuit tombe et que cela prendrais bien 1h. Une fois là-bas, vu le temps et le froid, l’idée de la tente n’est pas très sexy. On négocie le prix pour une chambre double, on sera pas déçu ! Les lieux sont supers, la chambre est grande et agréable, l’eau de la douche est chauuuuude, et le petit déjeuner inclu est frais, hyper healthy et complet ! Sans parler du personnel qui est très souriant et agréable. Ce lieu est chaleureux et accueillant, c’est aussi un endroit où les gens des alentours viennent boire des coups, au coin d’un feu. Tous les repas ici seront très bons et frais, avec des fruits et légumes de leur jardin.

Le lendemain, départ pour le parc ! Nous y rencontrons notre guide ainsi que les personnes qui ferons le trek avec nous : 2 anglais, 2 américains et 2 ougandais de Kampala. Les groupes sont constitués au maximum de 8 personnes, et une famille de gorille n’est “visitée” maximum une fois par jour, et pendant 1h. Celui qui le souhaite peut être accompagné d’une personne qui portera son sac, pourra lui tenir la main pour ne pas glisser ou encore le pousser pour l’aider à avancer si jamais le dénivelé est trop difficile 😉 Un groupe de personnes du village attend derrière une barrière au cas où il sera désigné pour être porteur ce jour. Nous accompagnés également de 3 ou 4 rangers qui sont formés par l’armée pour nous protéger en cas d’attaque d’un animal (gorille ou éléphant). Ils n’ont pas l’air commode à première vue avec leur arme, mais sont très sympa 🙂 La randonnée est vraiment belle et la forêt est luxuriante !! Le chemin est effectivement glissant mais nous avons de la chance car si la veille au soir et la nuit il a beaucoup plu, nous avons maintenant très beau temps. Notre guide nous annonce qu’une famille de gorille à été aperçue non loin dans la forêt, la balade ne durera donc pas tout le jour.

Une fois proche de la famille, nous laissons derrière nous les quelques porteurs avec nos sacs pour nous approcher au maximum du groupe. La première rencontre est forte en émotion… Car ce sera avec un mâle dominant à dos argenté, vraiment imposant, camouflé dans une végétation qui part dans tous les sens. Notre grand mâle végétarien nous tourne le dos, il mange. C’est paraît-il sa principale activité. Il fait en manger des feuilles (et des plantes?) pour devenir aussi gros et costaud !! Puis il se déplace tranquillement au travers des feuillages pour rejoindre son groupe constitué d’une ou deux femelles et de plusieurs petits. Les rangers sont toujours 2 devant nous et 2 derrière nous. De temps en temps ils imitent les sons du gorille, pour leur dire que notre présence est amicale. Les petits seront curieux de nous, un nous observera depuis sa branche, droit dans les yeux, avant de faire quelques galipettes. Le grand mâle finit par nous faire face, il est réellement impressionnant… L’heure en leur compagnie passe très vite. Quand nous rebroussons chemin nous sommes tous encore sur le coup de l’émotion, pleinement satisfaits de ces instants exceptionnels… Et puis vient le temps de la remontée, et là on se rend compte de notre bonne condition physique comparé aux autres touristes. Nous serons rentrés en début de matinée et passerons le reste de l’après-midi à chiller.

Le Queen Elizabeth National Park 

Après hésitation, on décide de partir dès le lendemain jusqu’au Queen Elizabeth National Park, qui nous prendra une journée de transport, les distances encore une fois sont plus longues que ce que l’on imaginait, on va sérieusement revoir notre lecture des cartes :’-) Donc nous prenons d’abord chacun un boda-boda pour aller jusqu’à la ville de Muko. Puis, un taxi (une voiture remplie de 9 personnes dont 3 enfants) jusqu’à Kabale, et enfin un matatu qui va vers Kasese… Au passage, en attendant le bus qui part en début d’après midi, nous achetons une carte sim ougandaise. Pour cela on nous demande un passeport, et qu’elle n’est pas notre surprise de réaliser que le visa de David comporte une erreur non négligeable… il s’agit en fait du visa de 90j destiné à un homme se nommant Youssouf :’-) (what the f*** ???!!!) Bon, on réglera ça plus tard !!

Quand on se rend compte que l’on arrivera de nuit, on se dit qu’il est peut être bien de regarder en avance les logements possible pour savoir où le chauffeur de bus peut nous déposer, car les routes ne sont pas éclairées. On trouve un logement parmi les moins chers, mais choisissons de ne pas réserver via booking pour négocier le prix. La route empruntée par le matatu traverse le National Park, il est donc potentiellement possible que des animaux la traverse, mais l’idée reste floue dans notre tête. On demande au chauffeur ne connait pas notre guest-house, on lui demande de nous déposer à un croisement censé être proche. On a un peu le sentiment d’être au milieu de nowhere et en pleine nuit qui plus est. Heureusement il ne pleut plus alors que quelques kilomètres plus haut c’était la trombe. On commence à marcher à l’aide de la lumière d’un téléphone (l’autre n’a plus de batterie). On croise deux personnes sur le chemin qui semblent chercher un taxi. Ils nous demandent où l’on va, et connaissent bien les lieux car eux-mêmes travaillent dans des hôtels du coin, soit dit en passant exorbitants. Ils nous conseillent de prendre un boda boda car c’est trop loin et nous ne sommes pas à l’abri de croiser des animaux… type éléphants, hyènes… Ok. Ils en appellent un pour nous qui nous mène à bon port. Ouf ! Seulement cela a l’air fermé, aucune lumière, personne. On entend quand même quelqu’un courir derrière nous, il s’agit de Yason, celui qui gère les lieux. Nous sommes les seuls clients, et comme nous n’avons rien réservé, il ne s’attendait pas à voir débarquer des Muzungus la nuit tombée. Il s’agit d’un éco-camp géré par une communauté, et dans lequel pour charger ses appareils, cela se fait à l’énergie solaire.

Cela s’appelle Elephant Home car la nuit des éléphants peuvent traverser les lieux et nous pouvons les entendre sans les voir 😉 Yason nous présente les différentes activités proposées, toutes mettant en avant ou se servant des compétences de personnes du village. Ça nous plaît ça !! On hésite encore à faire le National Park car ce n’est pas donné et qu’il y en a d’autres dans le pays qui nous intéressent aussi. En attendant de décider, on demande à faire une randonnée sur une journée qui nous permette daller à la rencontre de cette communauté, et Yason sera notre guide. Car cet homme est exceptionnel, il sait tout faire, il suffit qu’il en ai l’habit. Quand il nous reçoit, il est habillé tel un hôte. Quand on demande à dîner, il enfile son costume immaculé de cuisinier. Quand il nous guide, il a la panoplie parfaite du guide. Il paraît qu’il sait aussi danser… Nous ne l’avons pas vu, mais s’il le fait avec autant de talent que les autres tâches, il doit être excellent !

La randonnée qu’il nous propose sera fantastique. Les paysages sont beaux, c’est fou le nombre de cultivations différentes qui sont faites : thé, café, mais, blé,… C’est très rural, avec un accès à l’eau très difficile. Nous rencontrons une partie des villageois dont des agriculteurs, les parents de Yason également car son père est conteur de l’histoire. Bon, il nous a raconté comment le feu était créé avant les briquets, mais n’a pa pu continuer en raison de difficultés à parler/respirer. Ensuite nous avons visité l’école Sainte Mary’s Junior School qui est encore récente (2015) et accueille actuellement 250 enfants de 2 à 17 ans. Le directeur a eu cette initiative car dans sa communauté (environ 2000 personnes, majoritairement des mineurs), 60 à 70% ne vont pas à l’école. Il y a la pauvreté bien sûr qui est frein à la scolarisation, car si les récoltes sont mauvaises ou que les parents sont malades, pas d’argent pour les frais de scolarisation. Mais aussi, les jeunes filles peuvent être mariées à 12 ans ce qui les déscolarise.. L’école souhaite soutenir la communauté à éviter ce genre de situation. Pour cela, le directeur implique toute sa famille dans le projet. Et devinez quoi ?? Ils ont créé une petite nurserie d’arbres dans l’école. En somme, un formidable projet qui nous donne des idées 😉

Le lendemain, nous commençons la journée avec un river-cruise ! Nous partons au lever du jour en boda, et nous croisons rapidement 2 hyènes qui traversent la route… La journée va être bonne ! Nous nous rendons au Kazinga Channel Beach pour embarquer sur un petit bateau avec un guide très bien informé, il fait ça depuis 20 ans ! En peu de temps, nous croisons nos premiers hippopotames 😀 des dizaines et des dizaines d’hippopotames, partout !! Le rêve, car ces animaux sont vraiment impressionnants ! Il parait qu’ils sont aussi rapides sous l’eau que sur terre, et très agressifs car craintifs et protecteurs envers leur progéniture. C’est rigolo de les observer nous observer avec leur petits yeux et leurs narines qui dépassent de l’eau. De temps en temps, l’un deux sort la tête de l’eau face à nous de manière inattendue avant de tout de suite replonger sous l’eau et réapparaître de la même manière un peu plus loin, toujours en nous regardant. Mais nous verrons également rapidement un petit troupeau de buffles qui s’abreuve tranquillement, ainsi qu’un gros crocodile qui prend le soleil au bord de l’eau. Notre guide nous dit que l’on voit ce que l’on cherche. Alors nous lui demandons des éléphants 🙂 Il a mis le temps et après quelques incertitudes malgré ses jumelles, nous sommes allés encore plus loin sur le fleuve, mais faux espoirs, ce sont des buffles qui nous ont trompé. Pourtant, grâce à cette vérification, notre chance nous a rattrapé sur le retour car un éléphant a commencé à apparaître entre les hauts feuillages, puis un autre, et encore un autre… Lentement, ainsi de suite, ils se sont suivis, jusqu’à voir tout un troupeau s’abreuver juste devant nous… Absolument magique, on peut retourner sur terre.

Notre conducteur de boda nous attend pour passer avec nous les prochaines heures de la matinée car il va nous faire une grande boucle pour visiter les environs. Nous emprunterons une route qui traverse le parc national, alors nous nous attendons à peut-être croiser des animaux sauvages, comme avec les hyènes de ce matin 😉 Effectivement, quelques animaux sont visibles depuis notre scooter, ce qui suffit à notre bonheur. Nous nous arrêterons dans un petit village de pêcheurs tout prêt de la République Démocratique du Congo (à 20 km de la frontière). D’ailleurs, un certains nombre de congolais se rendent à ce marché de poissons. Petite mesure de sécurité quand on arrive, on vérifie notre température et nous devons nous laver les mains avec une eau qui sent fortement la javel… C’est très chouette de se balader là, si nous n’étions pas fatigués nous aurions volontiers passé plus de temps dans cette communauté. On se laisse tenter par un gros poisson que nous prévoyons de manger le soir même 🙂 Puis nous reprenons la route en traversant d’autres villages et en croisant nombre de bœufs dotés de gigantesques cornes  !

Les grands singes de Kibale

Après tout ces bons moments et après hésitation sur le lieu, nous décidons de partir au Kibale National Park qui est le plus réputé ici en matière de rencontre avec des grands singes. Pour cela, nous devons nous rendre à Fort Portal en matatu. Nous y faisons une escale afin de se renseigner un peu plus sur le Park et voir comment s’organiser. Seulement voilà, en cours de route nous avons eu la mauvaise idée de réserver un logement via Booking, qu’aucun chauffeur de boda ne connait (pourtant c’est pas bien grand ici !). Il n’existe pas non plus sur Google Map. On a bien tourné en rond à demander aux hôtels s’ils connaissaient et si nous pouvions utiliser leur wifi. A l’adresse exacte indiquée sur Booking, un autre hôtel s’y trouve… Une petite arnaque 😉 On aurait pu s’y attendre, quand un établissement n’a pas encore de commentaires ET qu’il n’existe pas sur Map, c’est plutôt mauvais signe. Alors bon après négociation avec l’hôtel de l’adresse car les prix sont trop élevés, on fini par y rester. 

L’entrée du Park de Kibale se trouve à 2h de boda de Fort Portal. Si nous voulons faire le chimp tracking le lendemain, il faudra partir tôt. C’est ce qu’on fait, et avec nos gros sacs car nous voulons faire une nuit à côté du Park pour ensuite repartir si possible en bus jusque Masindi. On part au petit matin vers 7h, et les 2h de route qui suivent sont très belles. Nous avons tellement apprécié le partage avec la communauté de Queen Elizabeth que nous souhaitons renouveler l’opération en logeant dans un hôtel dirigé par une autre communauté : celle de la petite commune de Bigodi ! Encore une fois, nous faisons une marche avec un guide qui nous amène à la rencontre de certaines personnes du village. On adore ça, et l’argent leur revient. Une fois arrivés là-bas, on s’organise avec le Park en décidant de faire un chimp tracking le lendemain matin. Nous avions hésité avec une “habituation” qui consiste à partir à la recherche de chimpanzés pas encore habitués à la présence proche d’humains, ce qui ne garantie par de les voir ni de les approcher mais ce qui promet potentiellement une jolie balade car cela dure une journée, et c’est moins cher. Mais la personne de l’accueil nous convainc d’opter pour la première option. Banco ! Du coup pour le reste de la journée, nous allons faire une sieste dans notre chambre pour finir la matinée, et l’après-midi nous faisons une community walk. Tous les membres de la communauté croisés semblent pleins d’énergie et très motivés, cela fait plaisir !

Notre guide s’appelle David. Il nous amène à la rencontre d’une vieille dame sans âge qui va nous raconter une histoire. Elle faisait la sieste quand nous sommes arrivés à elle. Une fois bien réveillée et à nos côtés, elle décide de nous conter l’histoire de sa première fois. Oui, avec beaucoup d’humour et d’énergie, elle raconte cette période de sa vie, parfois de manière crue, avec son mari qu’elle ne connaissait pas avant et qu’elle a fait patienter. Elle nous donné de précieux conseils également, mais comme elle d’un autre âge ! Comme celui de ne jamais, jamais mettre de préservatif car cela gâche tout le plaisir ! Mais aussi que ce plaisir est très important pour le bien-être du couple, ce qui est pour le coup très actuel 😉 Ensuite nous rencontrons un monsieur qui nous montre comment il fabrique l’alcool d’ici avec des feuilles de bananes. Enfin, nous allons chez une dame qui fabrique du café. Cette balade dure environ 2h, c’est court mais cela nous convient très bien cette fois-ci ! 

Le lendemain, rdv à la forêt de Kibale : Nous avons hâte ! Il y a pas mal de muzungus mais nous sommes répartis en plusieurs petits groupes (dans le notre nous sommes 4). La forêt est très belle. Il y a de nombreuses espèces de petits singes ici, en plus des chimpanzés. De temps en temps nous entendons au loin les cris impressionnants des singes, ce qui oriente notre marche. Lorsque nous les atteignons enfin, ils sont en pleine sieste, perchés au sommet des arbres !! D’autres petits groupes sont déjà sur place et les ont vu grimper aux arbres. L’idée maintenant est d’attendre, jusqu’à ce qu’ils se décident à descendre. Et ça peut être long ! Je crois que nous avons passé plus de temps à attendre au pied des arbres qu’à marcher. Jusqu’à ce que… De nouveaux cris retentissent, forts !! Nos chimpanzés perchés répondent, et l’un d’eux se met en mouvement, yes ! Il descend rapidement le long de son tronc, passe à côté de nous sans nous prêter attention, et il se met à marcher. Un groupe de muzungus se met à le suivre. Peu de temps après un autre descend, nous marchons derrière lui, le vrai “tracking” commence ! 

Il marche vite ce chimpanzé ! De temps en temps il est sur un chemin, et parfois il s’en détourne. Au bout de quelques minutes il rejoint 2 copains à lui qui ont chacun leur petit groupe de muzungus derrière eux qui les prennent en photo comme des stars du tapi rouge. Pourtant ils ne font rien, ils bougent assez peu, ils sont assis là. Si je fais de l’anthropomorphisme, je dirais que le notre a un air de mélancolie. Ou d’ennui. Nous restons quelques minutes ici avant de prendre le chemin du retour, avec un sentiment de déception quand même, “tout ça pour ça ?”. De retour au camp nous croisons de nombreux babouins car ils vivent souvent proche des humains, sont souvent sur les routes, et ils sont nombreux !

Le Murchison Falls National Park

Après cela, notre objectif est d’atteindre le Murchison Falls National Park. Nous devons donc prendre un boda-boda jusqu’à Fort Portal, puis prendre un matatu jusqu’à Hoima. Nous voulions initialement aller jusqu’à la ville suivante qui est Masindi (encore 2h de trajet), mais le trajet a été long et la nuit tombait. Donc arrivés à Hoima, nous sommes descendus du bus. Le conducteur nous a indiqué un hôtel juste à côté, local et pas cher. La ville semble assez grande, on par l’explorer toit en cherchant un lieu où dîner. On arrive dans une sorte de kebab où nous faisons tout nos efforts de végétariens pour manger un poulet entier… C’est gras, c’est plein d’huile, mais qu’est-ce c’est bon !! Pour le petit-déjeuner du lendemain, on se trouve également un endroit très local où tout le monde mange de la viande. Ensuite on se rend à la station de bus pour connaître le prochain départ vers Masindi. En chemin on se fait interpeller par un gars dans sa voiture qui fait mouche en nous proposant de partir sans attendre pour un prix semblable à celui du matatu. Que des avantages en somme, on accepte ! En route il récupérera quelques autres passagers histoire de rentabiliser et de nous serrer un peu comme tout bon transport public africain qui se doit ! 

Masindi semble être une ville plus petite que Hoima. C’est d’ici que nous partirons pour aller dans le parc. Nous trouvons une petite guest-house locale, Naju Guest-House, où comme d’habitude les visages interrogatifs aux sourcils froncés s’effacent derrière de beaux sourires accueillants après nos 2 mots en Ougandais et nos sourires bienveillants. Pas d’internet ni d’eau chaude, mais le lieu est très bien, pas cher, avec petit déjeuner inclu. Dès le lendemain, nous partons nous renseigner sur le safari : nous aurons des infos d’une agence, d’une agence communautaire, d’un chauffeur qui nous a interpellé dans la rue depuis sa voiture, et d’un autre homme croisé dans la rue. Au final, c’est Mohamed le chauffeur qui nous a présenté la solution la moins chère et la plus adaptée question voiture.

L’une des autres raisons de s’arrêter à Masindi, c’est parce qu’ici se trouve un centre départemental de l’immigration. Oui, si vous vous souvenez bien, la tête de David sur son visa ne lui ressemble absolument pas !! Il est devenu noir, et il s’appelle Youssouf !! Alors histoire d’être certains de ne pas avoir de soucis en sortant du territoire, et bien que nous le ferons par voie terrestre, il fallait bien régler cela. Une aventure qui nous a menée à la rencontre de Solomon, un homme de réseau qui travaille actuellement à l’immigration. Le contact passe tout de suite avec lui, et il se proposera de nous aider plus encore que nous ne pouvions l’espérer ! Le soir même nous prendrons un verre et un repas avec lui, et nos chemins se recroiserons à Kampala la capitale, lieu où se clôturera cette histoire de visa.

Mais revenons à notre premier safari africain. Mohamed vient nous chercher dans l’après-midi afin d’entrer dans la Park juste avant sa fermeture à 18h. Étant donné que l’entrée est valable 24h, cela nous laisse la journée entière du lendemain pour le safari ainsi que pour les fameuses cascades. Il y a un gros projet d’exploitation pétrolière dans le Park du Murchison ce qui entraîne actuellement la construction de grosses routes pour le traverser… Cela contribue bien sûr au bonheur des Chinois (encore eux !) qui s’occupent de ce gros projet routier. Nous n’avons rien réservé pour dormir à l’intérieur du Murchison. Un peu trop confiants sûrement, d’autant que Mohamed nous assure que c’est ok. Nous avons quand même été d’hôtel en hôtel un certain nombre de fois – toujours exorbitants ou complets – avant de trouver la perle : nous avons pu dormir dans une grande tente pour une somme bien inférieure à ce qui aurait dû être, d’ailleurs nous devons être discret car nous ne sommes pas officiellement clients, tout ça s’est fait en douce… Le lieu est top, avec un bar restaurant extérieur qui fait profiter d’une belle vue. On se couche tôt car le lendemain nous décollons au lever du jour.

Devant l’espace des tentes se trouve un panneau : “beware of hippos”, apparemment la nuit mieux vaut faire attention et se déplacer toujours avec une lumière pour éviter les rencontres malencontreuses… Pendant la nuit justement, on entend de nombreux animaux que seule notre imagination parvient à mettre en forme. Soit c’est lointain, soit c’est petit. David se lève même pour se soulager derrière la tente. Cependant quelques minutes après son retour, l’un des bruits semble vraiment très très proche de nous, et très très gros aussi. La plupart des petites fenêtres de la tente sont malheureusement fermées, du moins de mon côté. Un immense silence règne dans la tente car on essaie tout deux d’en savoir plus, et très honnêtement moi j’ai flippé d’autant qu’il a frôler la tente de mon côté ! On retenait notre respiration pour ne pas faire de bruit ! Cela a duré plusieurs minutes avant qu’il ne fasse le tour de la tente et passe devant une petite fenêtre où David a pu apercevoir un énorme hippopotame qui broutait tranquillement ! C’était notre petite émotion du Murchison 🙂

Au programme, safari le matin puis river-cruise l’après-midi jusqu’au pied de la cascade et petite marche ensuite pour aller au-dessus. Clairement, ce safari selon nous vaut le coup. Les paysages sont beaux, et nous voyons des animaux en troupeau parfois au loin, parfois tout proche de nous, c’est quand même fantastique ! Après les hippopotames du Queen Elizabeth, notre découverte cette fois-ci porte sur les girafes !! On les voit pour la première fois (en liberté), elles dégagent une grâce toute particulière… L’un des musts également sera un grand troupeau d’éléphants qui traverse la route, et la découverte de curieux animaux à la tête vraiment très rectangulaire… En revanche rien de particulier selon nous concernant le river-cruise, c’était l’occasion d’un petit somme, mais toujours pleins d’hippopotames. Au contraire la marche qui a suivie était super chouette ! Et les touristes venaient aussi bien de l’Ouganda que de l’étranger. À la question “et vous, combien de parcs nationaux avez-vous en France ?”, on est resté sans voix, ce qui les a eux-mêmes laissé sans voix… Eux sont très au fait des richesses naturelles de leur pays, nous pas du tout !! Et on s’est promis de se renseigner, et surtout de nous y rendre un jour. La marche n’est pas simple pour tout le monde, d’autant qu’il fait très chaud. Il est possible de se rendre directement au sommet des cascades avec une voiture. D’ailleurs notre chauffeur nous attendait en haut, un peu pressé par le temps car nous devons faire vite pour sortir du Park avant la fermeture.

Après tout cela, nous passons notre dernière nuit à Masindi au Country Inn qui n’est pas beaucoup plus cher que notre premier hôtel mais qui a internet et une piscine. Nous convenons avec Mohamed qu’il nous emmène le lendemain au Rhino Sanctuary.

Le Rhino Sanctuary

Non loin du Murchison Falls National Park se trouve un sanctuaire de rhinocéros blancs. En Uganda, il n’y a plus de rhinocéros sauvages (ni blancs ni noirs) depuis 1982. Les conflits armés, une mauvaise (voire inexistante) gestion du parc, ainsi que les pouvoirs mystiques attribués à leurs cornes (notamment en Asie : pouvoir sexuel, remède à la gueule de bois) ont causés leur perte… Pour préserver l’espèce, il y a 14 ans le Ziwa décide d’introduire dans une réserve de 7000 hectares 3 couples de rhinos venant du Kenya et de Floride. 4 ans après, un premier bébé naissait. Pour leur protection, ils sont surveillés en permanence par des rangers. Une femelle fait un bébé tous les deux ans et il y a actuellement 22 rhinocéros dans ce sanctuaire. Lorsqu’il y en aura suffisamment, l’idée est de les réintroduire dans la nature, dans le parc de Murchison qui jadis abritait cette espèce.

Pour la petite histoire, cette espèce d’herbivores n’est pas blanche comme son nom l’indique, cette erreur venant d’une déformation de colons !! Les néerlandais, colons d’Afrique du Sud, ont nommés cette espèce “wijde” (“large”) car leur taille et leur museau sont plus larges que pour les autres espèces. C’est devenu “wit” en afrikaans. Puis quand les anglais sont arrivés, ils ont retenus “white”. Ceux que nous avons rencontrés sont encore jeunes, ils devraient encore doubler de volume… Mamma mia !! Néanmoins, petite émotion assurée quand on les trouve sur notre chemin, car nous sommes à pied ! 

Il est possible de rester plus longtemps dans ce Park car d’autres animaux s’y trouvent comme des léopards. Mais nous avons notre compte et devons retourner à Kampala pour terminer cette histoire de visa. Mohamed nous abandonne dans un matatu que nous croisons et qui nous amène à Kampala en quelques heures (une après-midi).

Dernière escale à Kampala

Pour changer, nous voulons trouver un autre hôtel que celui dans lequel nous étions la dernière fois. Et il fait croire que nous n’avons pas retenu la leçon de Fort Portal car celui que nous choisissons n’existe pas ! Nous Nous retrouver dans un endroit qui semble un peu paumé, avec une rue en construction. Heureusement juste à côté se trouve un hôtel qui au premier regard nous semble bien trop cher, mais après renseignement qui au contraire bien dans notre budget. Nous avons bien fait, c’est une petite perle tenue par des locaux et dont le personnel est vraiment très friendly et hyper sympathique !! Ils sont juste hypers lents à servir à manger, il faut le savoir. Nous y passerons 2 nuits. Le soir nous allons voir un super spectacle au Ndere Cultural Center (au nord de Kampala), allez-y ! Ils ont une troupe de danseurs fantastiques qui vous ferons découvrir avec humour les différentes danses de leur pays, en lien avec les différentes ethnies existantes. On a adoré !! Le lendemain matin Solomon nous retrouve à l’hôtel pour ensuite avec sa voiture emmener David à l’aéroport d’Entebbe, régulariser on visa, et le ramener. Le reste de la journée a été off. Le soir, nous avons voulu nous rendre à une soirée salsa avec Solomon. Nous avions repéré un lieu sur internet, mais une fois sur place c’était malheureusement fermé. Nous n’avons pas réussi à retrouver Salomon, et nous avons fini dans le bar d’à côté. Un lieu très grand, avec billards et karaoké. La musique est très chouette (en dehors du karaoké..!) et il s’est plutôt bien rempli !! 

Un week-end à Jinja

Solomon nous a fortement conseillé d’aller à Jinja, une ville à 2h de Kampala. Il nous conseille un hôtel là bas, et nous mettra en contact avec un de ses amis vivant là bas. Pour en avoir entendu parlé plusieurs fois, on se dit que ce sera notre dernière escale touristique avant de nous diriger vers le Rwanda. Cette ville se situe au nord du lac Victoria, parfaite pour un week-end reposant, au calme. Parmi les activités possibles : balade à cheval, canoë, balade à pied, tour en boda… Le must to do ici est d’aller admirer les puissantes cascades Itanda, voir de faire du rafting dessus ! Il est aussi possible de marcher dans la forêt des alentours qui est très agréable 😉 L’hôtel conseillé par Salomon été très bien, la chambre est top, le personnel aussi. Cette ville est très calme. Le lendemain nous partons nous balader à pied. En voulant suivre des oiseaux immenses devant nous, on s’aventure sur un terrain de golf pour David s’amuse à leur courir après (..). Deux personnes finissent par arriver au loin, disant qu’il nous est interdit d’être ici (à toi mon chéri !).

Le lendemain on décide de prendre un boda pour se rendre aux mafieuses cascades Itanda où l’ami de Salomon nous attend. Il nous prendra en charge toute la journée ! C’est ici un chouette endroit de balade dominicale en famille ou entre amis. Il est possible de pic-niquer au bord du fleuve, d’admirer si on le souhaite des hommes qui se font payer pour sauter dans les chutes, ou encore faire du rafting. Nous ferons un tour de bateau autour des chutes, et finirons par une super balade dans la forêt qui borde le fleuve, avant de traverser de petits villages. 

Le jour suivant, on choisit de faire une balade d’une ou deux heures en cheval. Un sketch, car nous ne sommes pas habitués à cela. Le guide nous propose de faire du trot, histoire de dynamiser la marche, mais David n’ayant pas mis de caleçon sous son short…. (ben oui, parfois nous sommes à court de vêtements propres… ce qui arrive souvent quand on n’a que 3 caleçons !!), autant dire que nos quelques secondes de trot ont été douloureuses pour lui !! Mieux vaut marcher au pas ! La balade est très chouette et nous fait traverser des villages avant de longer le fleuve.

Et voilà, l’Ouganda, c’est fini ! Après ce long week-end reposant, on prend la direction du Rwanda par la route, avec une escale à Kampala, et une autre à Mbarara qui est une grande ville du Sud Ouest avant d’atteindre la frontière au niveau de la ville de Kabale Nous trouvons une voiture là bas qui nous emmène au passage frontière et jusqu à Kigali, la capitale rwandaise.

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